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Guerre des Mèmes – Pillages de données, trolling et propagandes

Le trolling est l’équivalent sur les réseaux sociaux de la guérilla, et les mèmes sont sa devise de propagande.

Jeff Giesea, l’ancien employé de Thiel, dans ‘une guerre mémétique’.

Extrait de Partie 16 – Big Data,

Par David Livingstone

“Thiel est extrêmement puissant au sein de l’administration grâce à sa connexion avec Jared [Kushner]”

A déclaré à Politico un haut responsable de la campagne de Trump . [1]

Peter Thiel a non seulement fondé Paypal, mais il siège au conseil d’administration de Facebook; qui est exploité par ‘Cambridge Analytica‘, par le biais de son Palantir, soutenu par la CIA. [2]

Cambridge Analytica

Cambridge Analytica était une entreprise fondée par Robert Mercer et Steve Bannon, qui combinait l’exploration et l’analyse de données (Data) incluant une communication stratégique pour le processus électoral. [3]

Les documents détaillent, que Cambridge Analytica est impliquée, avec de nombreux autres milliardaires de droite, y compris Rupert Murdoch. [4]

Facebook et Pillage des données

«Je ne me serais jamais embarqué là-dedans, même pour Trump, si je n’avais pas su qu’ils construisaient ce gigantesque moteur à brasser des données Facebook

A déclaré le directeur de campagne de Trump, Steve Bannon.

Facebook et Breitbart

Comme l’a noté Richard Wolffe:

«Facebook est celui qui a propulsé Breitbart auprès d’un large public. Nous connaissons son pouvoir.» [5]

Et «Sans Facebook, il n’y aurait pas eu de Pizzagate, et les courriels piratés de DNC auraient eu du mal à atteindre les auditoires visés (ciblage). Le parti vert étrangement épris par la Russie n’aurait jamais recueilli suffisamment de voix pour incliner ces trois États du champ de bataille vers Trump.» [6]

Il a ajouté:

[DNC – Comité national démocrate]

«Toutes les routes mènent à Facebook et à la petite entreprise qui a pillé ses vastes données d’utilisateurs: Cambridge Analytica [7]

Trump, l’extrême droite et le trolling

Selon Luke O’Brien [au sujet de Trump]:

“Non seulement le candidat républicain semble partager certains traits de caractère avec de nombreuses personnes d’extrême droite (alt-righters).

Il est délibérément offensant, il aime clairement troller les gens sur Twitter; aussi, il fait circuler leurs rhétoriques et leurs images.” [8]

Dans un e-mail, le porte-parole de Trump, Hope Hicks, a écrit:

“M. Trump a désavoué, à plusieurs reprises, ces groupes et ces individus et leur rhétorique haineuse, qu’il condamne fermement.

Et il continuera de le faire.”

Cependant, Trump, et son fils Donald Jr., ont ‘retweeté‘, à plusieurs reprises, des néo-nazis de l’extrême droite, y compris une célébrité raciste sur Twitter, nommée @Ricky_Vaughn 99, que Richard B. Spencer a qualifiée de “ultime shitlord”*, et un autre nommé @WhiteGenocideTM.

[*Shitlord est un mot péjoratif souvent utilisé sur Internet contre ceux qui sont perçus comme racistes, sexistes, homophobes, grossiers …. Le terme est souvent utilisé par des personnes impliquées dans un mouvement en ligne de justice sociale pour qualifier des messages de merde de fanatiques.]

En octobre 2016, Trump a retweeté une image de lui-même avec le visage de ‘Pepe’ la grenouille debout derrière un pupitre présidentiel. [9]

Breitbart et bannon

Ben Schreckinger dans un article intitulé “World War Meme” [Guerre Mondiale du Mème] pour Politico, précise que ce n’est qu’à l’arrivée de Bannon, en tant que directeur de campagne de Trump, «qui a apporté avec lui une connaissance approfondie de la face cachée d’Internet acquise lors de la croissance du Breitbart News contre l’ordre établi, que l’engagement de la campagne avec les bas-fonds a atteint son apogée.» [10]

Déchaîner des trolls

Peter Thiel fondateur de Palantir, soutenu par la CIA, a collaboré avec Cambridge Analytica, de Bannon, afin d’assurer une analyse des données et déchaîner des trolls pour la campagne de Trump.

Cambridge Analytica désinformation, influence et la politique américaine

Christopher Wylie, qui a aidé à fonder Cambridge Analytica et à développer la technologie de profilage des électeurs de l’entreprise, a déclaré que Cambridge Analytica était une société américaine de “pass-through” [d’intercommunication] sans personnel. [11]

Cambridge Analytica et ‘SCL Group’

Le travail de Cambridge Analytica s’est réalisé par le ‘SCL Group’ britannique [Strategic Communication Laboratories], lequel a créé Cambridge Analytica en 2013 en tant que rejeton pour participer à la politique américaine.

‘SCL Group’ est un entrepreneur militaire britannique privé.

Et, ce groupe est reconnu, comme un leader mondial, en matière de désinformation, et d’influence politique.

SCL Group’ et «Guerre mémétique»

En 2015, Steve Tatham, chef des activités de défense du SCL Group, société mère de Cambridge Analytica, a édité Defence Strategic Communications, Stratcom un journal officiel de l’OTAN, sur des sujets allant de «Guerre de l’information au 21e siècle en Russie», «Guerre mémétique» à «Narration et Médias Sociaux». [12]

L’article, une guerre mémétique, a été écrit par Jeff Giesea, l’ancien employé de Thiel.

Il a fondé MAGA-X3 avec le maestro de Pizzagate, Mike Cernovich.

Or, il était aussi en contact avec l’équipe, de transition, de Trump. [13]

La même année, le SCL est embauché, par l’OTAN, pour des formations à la désinformation.

Où ils sont formés, par Tatham, aux «techniques de la contre propagande russe». [14]

Trolling et les mèmes

En 2014, Giesea a rencontré le troll Chuck Johnson (nommé le «Troll de Trump», le nationaliste blanc et neo-nazi) sur Twitter.

Giesea a confié:

Quand j’ai rencontré Chuck, je me suis demandé pourquoi nous n’armions pas des gens comme lui“. .. “Il m’a conduit dans ce voyage intellectuel.” [15]

Dans l’article intitulé «Il est temps d’Embrasser une Guerre Mémétique», Giesea a recommandé l’adoption d’une Guerre Mémétique pour combattre ISIS. «La meilleure façon de contrer ISIS est de déchaîner une armée de trolls sur eux», se souvient Giesea qui plaisantait avec Johnson. «Je pourrais totalement jouer avec leur recrutement et leur propagande.» Cette conversation a conduit Giesea à conclure:

“La guerre par le trolling et les mèmes est un moyen nécessaire, peu coûteux et facile d’aider à détruire l’attrait et le moral de nos ennemis communs. … Le trolling, pourrait-on dire, est l’équivalent sur les réseaux sociaux de la guérilla, et les mèmes sont sa devise de propagande.”

Les mèmes, devise de propagande

[D’après Wikipedia, un mème, de l’anglais meme est un élément culturel reconnaissable, reproduit et transmis par l’imitation du comportement d’un individu par d’autres individus.

L’Oxford English Dictionary définit le mème comme suit. «Un élément d’une culture (prise ici au sens de civilisation), pouvant être, considéré comme transmis par des moyens non génétiques, en particulier par l’imitation»]

«Grande guerre du Mème» et le plus grand troll de tous les temps

Les vétérans l’on a appelé la «Grande guerre du Mème» en se vantent d’avoir remporté l’élection de Trump.

Comme décrit par Schreckinger, un certain nombre de «guerriers mèmes pensent simplement qu’il n’y a pas de plus grande plaisanterie cosmique que l’élection du président de Trump». [16]

«Pour beaucoup de gens, le premier jour, c’était comme: ‘Ce serait bordel hilarant’.

Dès qu’il a proposé des actions politiques comme le mur frontalier, l’interdiction musulmane, et les membres des conseils d’administration.

C‘est devenu:

Cela ne peut pas être réel. C’est le plus grand troll de tous les temps».

Explique «Marcus», un ancien officier du renseignement militaire dans la trentaine. [17]

Trump ‘une blague incompétente’

“La plupart des gens qui ont participé à la Grande Guerre des Mêmes détestent beaucoup Trump”, a insisté Gregg Housh, un hacker réformé et un utilisateur actif de 4Chan.

G. Housh a fait un passage dans une prison fédérale il y a une décennie, et a été l’un des premiers meneurs d’Anonymous. [18]

Comme l’explique Dale Beran, un vétéran de 4Chan, «les plus jeunes partisans de Trump savent qu’il est une blague incompétente.

Réellement, ils le soutiennent pour cela.» [19]

Slate précise:

«les journalistes ont souvent décrit Trump comme un troll, peut-être le plus grand troll de l’histoire américaine». [20]

Des articles publiés par Salon, le New York Post, le Daily Dot, le Daily Beast, Vox, FiveThirtyEight, le Daily Mail, le Washington Post, GQ et Politico ont tous qualifié les pitreries de Trump de «trolling».

Bannon et la sous-culture du mème

Grâce à Milo Yiannopoulos, Bannon a acquis une appréciation pour la sous-culture du mème.

Celle que Breitbart a adopté.

En juin 2016, trois jours après l’annonce de sa candidature par Donald Trump, Milo Yiannopoulos a prédit à Breitbart que les farceurs les plus malicieux d’Internet se rassembleraient autour de lui et qu’ils représenteraient une force électorale et culturelle importante.

Guerre du mème en faveur de Trump

Milo indique:

“Ce qui commence sur / pol*/ et se répand sur Twitter a une manière de colorer la couverture médiatique; et, en fin de compte, la perception du public, même parmi les personnes qui ne fréquentent pas les babillards électroniques.” [21]

[*Pol est un forum de discussion sur 4chan]

[Yiannopoulos, héros de l’Alt-right US et pro-Trump a démissionné du site Breitbart, après des propos justifiant la pédophilie.]

Milo conclut:

“Je ne sais pas si Donald Trump passe du temps à penser à 4chan, mais il a un personnage et un style parfaitement en phase avec ce que recherchent les scélérats [miscreants*] du Web.

Et il ressort clairement de son compte Twitter et de ses discours qu’il sait ce qui se passe et qu’il aime ça.” [22]

[*Miscreants —» mécréants, scélérats, vauriens]

À l’automne 2017, une équipe de Trump Tower surveillait les tendances des médias sociaux, y compris The_Donald subreddit, un babillard électronique qui servait de lien entre 4Chan et le Web traditionnel. L’équipe ferait la promotion de tout ce qui est accrocheur auprès du directeur des médias sociaux, Dan Scavino.

Mais un ancien responsable de la campagne a déclaré ce qui suit.

L’objectif était de faire basculer, sans cesse, le sentiment dominant sur les réseaux sociaux, en faveur de Trump.

Et, il dit:

“Il a clairement gagné cette guerre contre Hillary Clinton, jour après jour.” [23]

Fervents d’une guerre froide idéologique virtuelle

“Daniel”, un jeune homme qui était un habitué, de pol et de 8Chan, professait avoir des amis à la Maison Blanche. Il a déclaré qu’il avait créé plusieurs faux personnages sur Reddit et un sur Twitter pour publier du matériel anti-Clinton.

Daniel a écrit dans un courriel:

«La raison pour laquelle j’ai combattu dans la guerre des mèmes est que, comme Andrew Breitbart l’a dit, nous sommes en guerre totale avec la gauche.

Actuellement, il y a une guerre froide idéologique.

Et le vainqueur déterminera le sort de la civilisation occidentale.» [24]

Extrait de la Partie 16 – Big Data:

“Grande Guerre des Mèmes” (2017)

De Ordo ab Chao / Par David Livingstone


L’article en entier traduit: Big Data, Soft Power et « le président de l’ombre

Neilly Free Mind


D’autres articles de la rubrique

Cybertechnologie / Espionnage / Surveillance / Contrôle


[1] Eliana Johnson. “Donald Trump’s ‘shadow president’ in Silicon Valley.” Politico (February 26, 2017).

[2] Carole Cadwalladr. “The great British Brexit robbery: how our democracy was hijacked.” The Guardian (May 7, 2017).

[3] Nicholas Confessore & Danny Hakim. “Data Firm Says ‘Secret Sauce’ Aided Trump; Many Scoff.” New York Times (March 6, 20127).

[4] Ibid.

[5] Joshua Green and Sasha Issenberg. “Inside the Trump Bunker, With Days to Go.” Bloomberg BusinessWeek (October 27, 2016).

[6] Richard Wolffe. “The evil genius of Cambridge Analytica was to exploit those we trust most.” The Guardian (March 21, 2018).

[7] Ibid.

[8] Luke O’Brien. “My Journey to the Centre of the alt-right.” The Huffington Post (November 03, 2016).

[9] Ibid.

[10] Ben Schreckinger. “World War Meme.” Politico (April 2017).

[11] Ashley Gold. “Wylie to House Dems: Bannon ordered Putin messaging tests.” Politico (April 25, 2018).

[12] Justin Hendrix. “Did Cambridge Analytica Leverage Russian Disinformation for Trump?” Slate (March 21, 2018).

[13] Ryan Mac. “A Troll Outside Trump Tower Is Helping To Pick Your Next Government.” Forbes (January 9, 2017).

[14] Paul Morgan-Bentley & Catherine Philp. “‘Dirty tricks’ firm SCL Group trained UK officials.” The Times (March 13, 2018).

[15] Joseph Bernstein. “This Man Helped Build The Trump Meme Army — Now He Wants To Reform It.” BuzzFeed (January 18, 2017).

[16] Ben Schreckinger. “World War Meme.” Politico (April 2017).

[17] Ibid.

[18] Ibid.

[19] Dale Beran. “4chan: The Skeleton Key to the Rise of Trump.” Medium (February 14, 2017).

[20] Whitney Phillips. “Donald Trump Is Not a Troll.” Slate (June 23, 2016).

[21] Milo Yiannopoulos. “Meme Magic: Donald Trump Is The Internet’s Revenge On Lazy Elites.” Breitbart (May 4, 2016).

[22] Ibid.

[23] Schreckinger. “World War Meme.”

[24] Ibid.

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